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Sommet Humanitaire Mondial : ALIMA débat des enjeux Humanitaires de demain

Dans la perspective du sommet humanitaire mondial de 2016 en Turquie, la Consultation régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’est tenue les 19 et 20 juin dernier à Abidjan, en présence de la Secrétaire générale adjointe de l’ONU aux Affaires humanitaires, Valérie Amos.

Augustin Augier, qui a représenté ALIMA au sein du groupe régional de pilotage chargé d’organiser cette consultation, revient pour nous sur les enjeux de cette rencontre.

Peux-tu nous parler du Sommet Hum anitaire Mondial et de la façon dont ALIMA a été amenée à participer à ce processus ?

Le Sommet Humanitaire Mondial a été initié par le Secrétaire Général des Nations Unies pour identifier les principaux défis actuels de l’humanitaire. Les Gouvernements occidentaux, qui demeurent les principaux bailleurs de l’aide humanitaire, demandent des changements pour limiter que l’humanitaire reproduise année après année les mêmes types d’intervention. Les pays récipiendaires de l’aide de leur côté souhaitent que l’humanitaire soit plus intégré dans les cadres gouvernementaux et participe davantage à renforcer leur propre capacité de réponse aux catastrophes.

Ces deux demandes posent de nombreuses questions quant à la définition du champ humanitaire et à l’architecture du système de l’aide : la définition de ce qui peut être qualifié d’humanitaire n’est pas aujourd’hui nécessairement, pour un grand nombre d’acteurs et notamment la plupart des Gouvernements, une aide indépendante, neutre et impartiale. Pour eux, l’aide humanitaire est avant tout la réponse à des crises sanitaires. Cette différence sémantique est importante et nécessite d’être posée dans le débat, au risque sinon de légitimer l’appropriation du champ humanitaire par des acteurs qui par définition ne le sont pas, ce qui aurait pour conséquence une instrumentalisation accrue de l’aide humanitaire.

ALIMA en tant qu’ONG internationale dont le siège est à Dakar a été associée dans le Groupe régional de pilotage à la demande du bureau régional d’OCHA qui était chargé de préparer cette consultation. Notre rôle consistait à participer à la préparation des débats autour des 4 thématiques qui avaient été retenues : l’efficacité humanitaire, la prévention des risques, l’innovation et l’humanitaire au sein des conflits armés. Nous étions notamment particulièrement impliqués dans la définition des principales questions qui se posent autour de l’efficacité de l’aide humanitaire.

Qu’est-il ressorti de cette première consultation ?

La question qui a fait l’unanimité, notamment dans les objectifs fixés par Valérie Amos, est la nécessité de remettre les populations affectées au cœur du système de l’aide. Cela semble être du bon sens et un mot d’ordre répété depuis longtemps, mais si on analyse les récentes crises humanitaires dans la région, on se rend compte que la réponse humanitaire est dans une dynamique d’éloignement des lieux de décision opérationnelle des populations affectées, ce qui nuit à notre capacité collective à répondre efficacement aux besoins. Au final, il y a de moins en moins d’acteurs capables de fournir des services aux populations affectées, notamment dans les premiers temps des urgences. L’objectif de la consultation n’était pas d’obtenir un consensus sur les moyens de répondre à cette question mais de présenter différentes pistes de réflexion et de tenter de trouver des solutions innovantes à ces défis. Dans ce cadre, ALIMA s’est vu offert l’opportunité de présenter son point de vue sur la question.

Selon nous, la priorité de la réflexion doit porter sur la nécessité de décentraliser et déconcentrer le système de l’aide. Il faudrait déjà pouvoir fixer un constat commun : ces dernières décennies, la double volonté, légitime en soi, des principaux acteurs – et notamment les bailleurs de fonds et les Agences des Nations Unies – s’est concentrée sur le renforcement de la coordination de l’aide, son intégration avec le développement et l’amélioration de la redevabilité. Sur la redevabilité, la question s’est concentrée sur le rendu compte essentiellement administratif et financier, certes nécessaire, mais qui oublie trop souvent la redevabilité sur l’impact de l’opération qui serait un outil beaucoup plus performant pour s’assurer que les actions menées soient utiles. Cela a conduit à une centralisation du système et à un développement rapide des exigences bureaucratiques, initialement justifiées, mais qui sont devenues des freins au déploiement des secours, par exemple en allongeant la durée moyenne nécessaire pour signer des financements d’urgence ou en laissant trop peu la flexibilité nécessaire aux acteurs terrains dans les premiers temps des urgences.

Dans le même temps, les principales ONGs internationales, qui sont finalement assez peu nombreuses et assez concentrées, ont connu une croissance extrêmement rapide avec le développement le plus souvent de schémas organisationnels très centralisés et qui ont eu tendance à se tourner vers le haut (développement du témoignage, de la levée de fonds, de politiques et techniques et de guidelines pour financer des partenaires d’implémentation, devenant de facto en partie des bailleurs de fonds d’ONGs sous contractées) au détriment, en partie, de la production de services pour les populations affectées, et notamment les plus vulnérables et les plus difficilement accessibles. Ce point de vue est appuyé par plusieurs études actuelles sur le système de l’aide.

Au total, ce constat de centralisation du système de l’aide est illustré par un chiffre assez simple : selon le Financial Tracking System de OCHA, les Agences des Nations Unies recevaient 39% du total des fonds destinés à l’humanitaire en 2005. Cette part est montée à 55% en 2010 et atteint désormais, en 2013, 63% (et même 67% au Sahel), soit presque un doublement en 10 ans. Le système se concentre et se centralise fortement.

Quelles solutions concrètes ALIMA a-t-elle proposé pour aller dans ce sens ?

Nous n’avons évidemment pas de solution magique à proposer face à ce constat et aux autres difficultés, complexes, du système de l’aide.

ALIMA a fait le choix depuis sa création il y a 5 ans de se concentrer sur une des nombreuses pistes pour conduire à faire évoluer le système de l’aide : renforcer des ONG humanitaires proches du terrain, notamment les ONGs nationales dont le potentiel présente un levier de croissance important, dans les pays d’intervention pour qu’ils aient la capacité d’y répondre aux urgences et de se déployer ailleurs dans la région ou pourquoi pas dans le futur, n’importe où dans le monde. Or aujourd’hui, les ONGs nationales sont, pour l’essentiel, maintenues dans un rôle de fournisseurs de services sous contractés par des Agences des Nations Unies ou des ONGs internationales. Sans faire d’angélisme – il y a des avantages mais aussi des difficultés pour les ONGs nationales notamment dans les zones de conflits – notre objectif doit être que les ONGs nationales soient pleinement responsables de l’ensemble du cycle de projet, de l’évaluation initiale, du design des projets, de la responsabilité de la mise en œuvre au monitoring. Le système actuel ne permet pas suffisamment d’atteindre cet objectif.

Il faudrait que l’ensemble des acteurs de l’aide se fixe comme objectif de construire cette capacité en s’en donnant les outils : que les fonds humanitaires soient disponibles pour les ONGs nationales, que des fonds dédiés au renforcement des capacités des ONGs soient développés (ce qui existe pour les ONGs de développement mais très peu pour les ONGs humanitaires), que des structures d’appui et d’incubation d’ONGs, à la manière de business angels, aident et accompagnent les ONGs nationales car les obstacles pour développer une ONG aujourd’hui sont immenses, que les regroupements d’ONGs locales soient favorisés pour qu’elles puissent se doter des services support équivalent à des sièges d’ONGs internationales, nécessaire à leur autonomisation. L’humanitaire de demain doit passer par des réseaux d’ONGs locales ou régionales fortes, structurées et compétitives.

En parallèle, les ONGs actuelles, qui pour le principal, sont encore des ONGs du nord doivent accomplir le même travail pour repenser leur modèle organisationnel avec pour objectif de garantir un ancrage de la décision opérationnelle au plus près des populations affectées et de produire des secours de qualité, notamment dans les urgences. Au risque sinon de perdre leur légitimité auprès des populations et du système de l’aide.

Une autre solution consisterait à inverser la tendance de la répartition des financements humanitaires entre Agences des Nations Unies et ONG. En contrepartie d’un réel engagement des ONGs à jouer le jeu de la coordination, pour éviter les duplications, nous pourrions fixer comme horizon par exemple de revenir à un ratio plus équilibré, qu’on pourrait appeler le ratio d’Istanbul, qui consisterait à s’assurer qu’au moins 50% des financements de l’aide vont à des ONG, nationales et internationales, qui sont chargées de délivrer directement de l’aide aux populations. Ce serait à la fois un acte symbolique fort et cela contraindrait les bailleurs et les différents acteurs à réellement repenser l’architecture actuelle du système de l’aide.

Quelles ont été les principales propositions évoquées lors de cette Consultation ?

D’une manière plus globale, les différents ateliers qui ont eu lieu lors de la Consultation régionale ont donné lieu à de nombreuses propositions, certaines innovantes, qui sont encore en cours de consolidation et qui seront prochainement présentées et disponibles sur le site duSommet Humanitaire Mondial.

La plupart de ces solutions sont surtout concentrées sur deux objectifs : d’une part, renforcer la capacité des Etats, à tous les niveaux, pour répondre aux crises dans leur pays et, d’autre part, la nécessité de mieux anticiper les crises et de lier la réponse humanitaire avec le développement.

Comment concilier les objectifs du Sommet qui consiste à la fois à améliorer l’efficacité de la réponse immédiate tout en intégrant davantage de lien avec le développement et le renforcement des capacités des Gouvernements? Ces objectifs sont-ils contradictoires ?

Au premier abord ces deux objectifs peuvent apparaitre en opposition. Mais on ne peut pas et on ne doit pas tourner le dos aux Etats qui souhaitent renforcer leur capacité de réponse aux crises qui sévissent dans leur pays. Bien au contraire, cette volonté doit évidemment être accompagnée et renforcée.

La question est plus de savoir si cela relève du domaine humanitaire. Pour la plupart des acteurs, il semblerait que ce soit aujourd’hui le cas. Pour notre part, nous pensons que qualifier des actions d’un gouvernement d’humanitaire entretient fortement le flou sur les responsabilités des acteurs humanitaires et met en danger notre action. Le Sommet Humanitaire Mondial doit être à la fois l’occasion pour les Gouvernements qui le souhaitent de renforcer leurs responsabilités et leurs moyens techniques et financiers pour faire face aux crises dans leur pays, mais ce Sommet doit aussi s’assurer que les principes d’une action humanitaire indépendante, impartiale et neutre soient réaffirmés, partagés et respectés par tous.

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